Le titre ne rentre pas dans la cellule !
Chères et chers blogueurs, je vous propose aujourd'hui une œuvre conceptuelle qui marquera
certainement l'histoire de l'art... de l'immeuble avec vue mer dans lequel j'habite. Je dis que c'est déjà pas mal.
Je vous donne immédiatement le titre qui est trop long pour tenir dans la cellule :
Portrait d'un homme déconstruit, bien dans son corps mais dans sa tête c'est compliqué. Et de ses conséquences sur les rapports hommes 🚹 femme 🚺.
Au départ, il fallait composer pour SPLASH 2026, le collectif d'artistes obsédés par le corps, l'érotisme et les sexualités dont je suis membre qui organise une expo annuelle fin septembre sur ces questions. Cette année il y a un thème... sexualité et humour. Pas facile !
Dans le cahier des charges, il y a également la parité entre nu féminin et masculin. Je suis le seul à le respecter. Même les femmes peignent ou photographient des femmes. Même si c'est pour des raisons féministes !
Quant à moi, j'ai décidé d'explorer une fois encore la question du genre, de la virilité, de la séduction et des changements que les nouveaux codes émergeants induisent dans les rapports hommes/ femmes et l'approche de la sexualité.
Ce thème n'a rien d'humoristique. Mais c'est par le biais de son traitement que j'espère tirer un sourire à mes spectateurs :
Le dessin met en scène une figure masculine dont le visage, volontairement flou et indéterminé, contraste avec la précision du corps, dessiné d'un trait affirmé qui souligne la puissance de sa musculature. Autour du portrait gravitent des figures grotesques, à peine perceptibles dans la profondeur du fond noir, comme des apparitions surgies de l'inconscient. Cette tension visuelle traduit les questionnements qui traversent aujourd'hui l'identité masculine, partagée entre les héritages d'un ordre ancien et les injonctions d'un monde en mutation. L'œuvre évoque ainsi la difficulté à redéfinir sa place et à construire de nouveaux repères au cœur d'une transformation encore incertaine.
La dame maintenant.
Elle se présente avec assurance, dans une posture droite et pleinement assumée. Dépourvue de toute volonté de dissimulation, elle affirme sa présence et revendique une place égale à celle de son pendant masculin. La cigarette et le verre de vin qu'elle tient en main, traditionnellment associés au pouvoir masculins, deviennent ici les signes d'une appropriation des codes hérités.
Revêtue d'une veste d'homme, elle semble s'être emparée des symboles d'une autorité autrefois réservée au masculin, comme pour en déconstruire les privilèges et redistribuer les rôles.
L'œuvre donne ainsi à voir une féminité consciente de sa force, qui ne se définit plus en opposition mais s'affirme comme un sujet pleinement autonome dans la recomposition des équilibres contemporains.
Les jambes et les pieds des deux figures semblent échapper à toute stabilité. Celles de l'homme se délitent dans un flou organique, comme si leur ossature avait disparu ; celles de la femme s'interrompent dans un dessin inachevé. Cette absence d'ancrage traduit l'état de suspension dans lequel se trouvent les personnages. Privés de repères clairement établis, ils évoluent sur un sol incertain, entre héritages fragilisés et horizons encore indistincts. À travers cette instabilité formelle, l'œuvre évoque la difficulté contemporaine de se définir soi-même et de réinventer les modalités de la rencontre avec l'autre.
Les panneaux de signalisation, suspendus à des fils mobiles, symbolisent les incertitudes qui
accompagnent la redéfinition des relations intimes et sexuelles. Ils évoquent un territoire en recomposition, en chantier, où les anciens codes de la rencontre et du désir sont remis en question sans que de nouveaux repères ne soient encore pleinement stabilisés.
D'un côté, la figure féminine affirme des attentes renouvelées en matière de respect, de réciprocité et d'épanouissement ; de l'autre, la figure masculine cherche à réinventer sa place en intégrant ces nouvelles exigences et en redéfinissant sa manière d'entrer en relation. Entre aspirations, maladresses et ajustements, l'œuvre met en lumière les tensions inhérentes à cette transformation des rapports entre les sexes.
Les mains qui manipulent les fils auxquels sont suspendus les panneaux introduisent une dimension supplémentaire. Présences discrètes mais déterminantes, elles incarnent les injonctions sociales, culturelles et médiatiques qui orientent les comportements et les représentations. Les personnages apparaissent ainsi soumis à des forces qui les dépassent, oscillant entre liberté individuelle et déterminismes collectifs. L'œuvre interroge dès lors la part d'autonomie dont chacun dispose dans la construction de son identité et dans sa manière d'habiter le lien à l'autre.
Si vous êtes habitué au style que j'adopte habituellement, vous pourrez vous sentir décontenancé par celui usité ici. C'est le style galerie. C'est ainsi que sera présenté le dessin en expo et sur la galerie. C'est comme ça qu'on parle dans le monde de l'art. Et il faut bien se plier à ces codes sous peine d'invisibilisation.
Humour ? Finalement il n'y a pas grand chose de drôle dans cette oeuvre.
Fiche technique :
Titre : voyez en haut, trop long à recopier.
65x50cm
Technique mixte sur papier.
Disponible pour les collectionneurs audacieux.
Dans la semaine, je vous demanderais un service virtuel !
Cher(e)s ami(e)s virtuels, je vous souhaite une excellente journée et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.