Anaïs à la Crayonnerie
Je suis resté plusieurs jours sans reprendre les crayons. Ce sont les circonstances de la vie qui parfois s'imposent à nous.
Mais le jeudi soir il y a la Crayonnerie. Sur le cours d'Estienne d'Orves à Marseille, à deux pas du Vieux Port, il y a ce formidable immeuble qui date de l'époque ou Marseille était un port de galères. Ce bâtiment et tous ceux qui encadrent cette belle place à l'italienne abritait l'arsenal. La chioume, les prisoniers qui ramaient à bord de ses bateaux mais aussi les entrepôts, le matériel, les hangars et ateliers permettant d'armer les navires.
De lieux de guerre et de geôle cet espace est devenu lieu d'artistes et de loisir. On trouve sur cette place une ou deux galeries, une librairie maison d'édition de nombreux restaurants dont "Chez Marcello" où ont déguste les meilleurs vins, charcuteries et fromages italiens. Mais aussi un poulpe rôti a tomber par terre et un pain perdu au panetone à damner un saint.
Et au 25 donc, il n'y a que des artistes. Mon pote Maoual le graveur, Yan Letestu, une relieuse d'art, une restauratrice de tableau, Stephane, l'as du stylo bic, quelques autres et la Crayonnerie. C'est l'atelier de l'artiste François-Marie LUCAS où il accueille le jeudi soir la 20taine de dessinatrices et dessinateurs qui viennent se confronter au modèle vivant.
L'autre soir, la modèle était Anaïs. Une longue danseuse dont je retiendrai qu'elle avait de bien jolies mains ... et les pieds dans un invraisemblable état de crasse !
Bon, sans doute avait-elle dansé pieds nus toute la journée. C'était donc pour la bonne cause.
Tous les dessins que vous voyez ont été réalisés entre 3 et 10 mn maximum (9 exactement, le temps du long et superbe Suzy Q de Credance Clearwater Revival)
Crayon, fusain, feutre, pierre noire et le Polychromos rouge sur papier.




