Ce blog a vu le jour le 27 février 2019
En attendant d'autres portraits en préparation, force est de constater que c'est l'été et que c'est donc le temps des dessins de vacances. Comme je ne suis pas encore parti loin, en vacances je profite de mon extraordinaire région et à côté de chez moi, à 20 mn à peine je fréquente assidûment quelque chose qui ressemble furieusement au Paradis.
Je vous propose donc les croquis faits au bord de mer, quelques plagistes, des arbres et des paysages.
Ils sont tous faits à Cassis. A la Grande plage et surtout à l'anse de l'Arène. Cette crique est paradisiaque. A peine retirée de Cassis, elle est en périphérie des foules.
Suffisamment éloignée pour décourager les multitudes qui préfèrent s'entasser en plein cagnard telles des sardines dans leurs boîtes après passage à la cuisson sur les plages faciles d'accès.
La Anse de l'Arène est constituée de deux criques. La première une longue bande à pied de falaise est constituée de gros cailloux ronds lissés par le temps et par les vagues. Pas toujours facile de rentrer à l'eau.
La deuxième est faite de petits cailloux grossiers qui découragent les touristes et de plaques d'une roche grise qui s'enfonce doucement dans la mer, laquelle est donc plus accessible. Au delà, après avoir traversé un dédale de gros rochers, c'est naturiste. C'est vide d'homme surtout. Depuis le début de l'été je n'y ai jamais vu plus de 4 personnes à la fois. Éloignées les uns des autres, le calme règne ; chants de cigales, bruits des vagues et des caillasses qu'elles déplacent... c'est le calme absolu.
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On échange quelques mots avec les 3 quidams qui viennent profiter de cette incroyable sérénité... quand on se croise. Ce qui est rare.
Cormorans et gabians font là de longues haltes pour profiter de conditions de repos avantageuses.
L'eau est claire, transparente et on y trouve de l'ombre jusqu'à 13H environ.
Quand je suis là, j'ai le sentiment d'être Adam au paradis ! Et tous les deux pas, un spot à dessin.
Adam n'ayant laissé derrière lui que le bordel dans lequel on vit (le connard !) et n'ayant pas de carnet à dessins, peuchère, je vous propose les miens pour vous faire une idée se l'endroit.
Après ce sera Jura et Auvergne.
Autres temps, autres espaces, autres dessins.
En attendant ces escapades plus montagneuses, je vous souhaite le beau dimanche et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.
Voilà un exercice auquel je m'adonne rarement, le portrait. Je l'ai fait dans le passé avec des résultats variés
et inégaux. Entre celle qui s'est mise à pleurer en se voyant sous mon trait parce que c'est exactement dans cet état d'esprit que j'étais et celle qui l'a rejeté car elle se trouvait moche et ceux, les plus nombreux, jamais terminés car jamais réussis, mon expérience du portrait n'est pas un long fleuve tranquille.
Je précise que je n'aime pas les portraits souriants, il me faut un peu de drame, de tragédie et de profondeur, qu'on ressente, qu'on devine autre chose que le personnage public qu'on joue tous les jours. J'aime que le regard plonge à l'intérieur de la personne qui vit dans les profondeurs de l'âme.
Le texte qui suit a été écrit avant et pendant la phase de travail. La forme a été modifiée plusieurs fois ce qui lui confére une forme relativement incohérente. En particulier, j'ai commencé en focalisation interne, le je, comme si je parlais directement à M..., puis je suis passé à la focalisation externe, comme si une tierce personne écrivait en nous regardant tous les deux, avant de revenir à la première forme, ce qui implique donc de modifier tout le texte et de l'enrichir de réflexion personnelle et de s'y perdre quelque peu.
Cet exercice me permet d'écrire la note d'intention chère aux galeries, cet exercice qui consiste à intellectualiser l'œuvre.
La portraiturée est une collègue avec qui je travaille beaucoup. Intelligente et vive, elle comprends vite, travaille vite ce qui en fait une collègue précieuse car elle est efficace, juste... et drôle (et un peu testa dura !)
J'ai passé beaucoup de temps avec elle pour ce portrait. Avec pour conséquence un peu de tristesse quand je l'ai terminé et une manière différente de la considérer. Le meilleur mot que j'ai trouvé est japonais ; 想う (omou) porter quelqu'un dans son cœur, penser à lui avec affection, se souvenir avec émotion. (Vous comprendrez à la fin pourquoi j'utilise un mot japonais)
Je vous laisse découvrir la riche et complexe Mme MC telle que je me la suis figurée à travers le texte.
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Pourquoi ce portrait ?
Je connais de toi ton image publique.
Souriante, pétillante, rieuse, riante, pleine d'humour, de vie, de drôleries.
Des clins d'œil espiègles quand la nuit a été bonne avec un amant, ce qui m'avait fait dire que tu était la seule fille avec qui je pouvais discuter de sexe comme avec un garçon !
L'intrépide qui se lance seule à la découverte de l'Amérique du sud.
La collègue efficace au boulot et avec qui il est facile et agréable de travailler.
Quoi d'autre ?
Un joli port de cou, des gestes élégants.
Et aussi des confidences plus intimes, faites à Bologne avaient révélé des failles, des fêlures, des douleurs que tu t'évertues à cacher. Tu avais lâché 5 mots "... là, j'ai beaucoup souffert". Un garçon évidemment.
Ah ! et j'ai découvert hier ton côté le plus secret, la terroriste internationale, qui a fait de la prison !
Et puis il y a cette photo trouvée sur FB parce qu'un jour l'algorithme de Marc m'a proposé de te suivre. (pour les lecteurs ici ; bien que ne fréquentant plus FB depuis des années - depuis que l'algorithme m'a effacé du radar des gens qui m'achetaient des œuvres - FB continue de m'envoyer des suggestions d'amis)
Sur la photo, un regard très intense fixe l'objectif, grave (ça donne le titre ; Portrait grave de M.... C....), c'est ça qui me frappe dès le premier instant. Et ce voile sur la tête.
Il y a de la tristesse dans ce regard, tu es, tu sembles soucieuse, perdue, la bouche crispée (les deux légères rides autour de la bouche), marque d'un moment de tension, une légère angoisse, un souci passager signalé par une très discrète ride sur le front.
Une facette cachée qui ne fait pas disparaître la première MC, mais qui la complète, la densifie, l'enrichie.
C'est cette complexité éphémère, fugitive, saisie le temps de l'ouverture d'un diaphragme que j'ai trouvé intéressante.
Et la densité du regard est fascinante.
(Depuis, elle m'a dit le contexte de la photo. Mais je ne crois pas devoir le révéler ici)
___
J'envisage quand-même que rien de ce que j'ai écrit ci-dessus soit vrai et que tout soit faux. Mais quand je travaille avec des modèles que je connais dans la vraie vie, il faut toujours que je m'invente des histoires. C'est mon moteur.
Bref, te voilà. Enfin... une partie de toi. Ou plutôt la voilà telle que je te perçois. Des morceaux épars, comme un puzzle où il manquerait des pièces. Et des vides que j'ai comblé. Et comme je ne suis pas le plus fin des psychologues, il est fort possible que j'évoque là une femme parfaitement fictive !
J'ai choisi de jouer avec le bleu translucide de tes yeux. Et de le rappeler dans l'arrière plan. Le bleu, couleur de l'espoir paraît-il va bien avec ton optimisme tandis que ce mur décrépi symbolise ces failles tenues secrètes.
Ce sont des choix esthétiques qui visent aussi à densifier le personnage. Plus vulnérable, il est encore plus beau.
Ces réflexions/ créations me permettent donc d'écrire une note d'intention bien léchée avec le langage pédant des galeristes. Les propos anecdotiques en sont expurgés.
Note d'intention.
Ce portrait est né d'une rencontre entre une image, une réalité et une intuition.
Je connaissais déjà l'énergie communicative de Madame MC, son humour, son goût de l'aventure, son élégance naturelle. Une présence solaire, animée par le mouvement, le rire et la spontanéité. Mais aussi quelques failles livrées au détour de confidences, confirmées par la découverte hasardeuse d'une photographie.
Une autre présence s'est imposée. Un regard. Dense, profond, presque triste. Qui forme une barrière avec le spectateur.
Loin des expressions convenues du portrait, ce visage semblait suspendu dans un instant de retrait. Le regard, fixé vers l'objectif sans véritablement s'y abandonner, laissait affleurer une gravité inattendue. Une tension discrète, une vulnérabilité fugitive, comme si, l'espace d'un instant, le masque social s'était entrouvert pour révéler une part plus secrète.
Il ne s'agit pas ici de dévoiler une vérité psychologique. Au contraire. Le portrait est le lieu de toutes les projections, de toutes les fictions. Lorsque je travaille à partir d'une personne réelle, je me raconte toujours des histoires. Elles nourrissent mon regard, guident mes choix et construisent la présence que je cherche à faire émerger sur le papier. Cette femme que l'on découvre ici est peut-être Madame MC. Elle est aussi, sans doute, une création de mon imaginaire.
C'est précisément cette ambiguïté qui m'intéresse : cet espace où le réel rencontre l'interprétation. Ou le personnage public se confronte à la personne cachée du cœur.
J'ai choisi de souligner la transparence bleutée de ses yeux en faisant écho à cette couleur dans l'arrière-plan. Le bleu, souvent associé à l'espérance, à la profondeur intérieure et à la sérénité, dialogue ici avec une surface murale marquée par le temps. Les traces d'usure, les imperfections, les failles visibles du décor viennent répondre à celles, plus discrètes et plus humaines, que chacun porte en soi.
À travers ce portrait, je cherche moins à représenter une personne qu'à saisir un instant de complexité. Cette brève apparition où la force et la vulnérabilité coexistent, où la beauté naît précisément de ce qui échappe aux certitudes nées des apparences.
Le tanka, petit poème japonais organisé en 5 vers de 5 /7 /5 /7/ 7 pieds :
On croit à sa joie
Son rire, sa lumière,
Éclats rayonnants.
Dans ses yeux, ciel délavé,
Une averse hors saison.
Le graphisme du japonais est tellement beau. Ça donne ça (une IA bien évidemment, en espérant qua ça soit juste) :
喜びと信じる
笑顔、その光、
輝き満ちる。
その瞳、色あせた空、
季節外れの驟雨。
Et ça se lit ainsi :
Yorokobi to shinjiru
Egao, sono hikari,
Kagayaki michiru.
Sono hitomi, iroaseta sora,
Kisetsu hazure no shūu.
____
J'espère que vous avez passé un beau moment avec madame MC. Tout comme moi, au point que j'étais un peu triste quand j'ai jugé que l'affaire était terminée.
En attendant les prochaines œuvres, je vous souhaite le beau et bon WE et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.
Portrait grave de Mme M... C....
42X30 cm.
Technique mixte sur papier
2026.
Œuvre non disponible
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Voici le résultat de longues heures de travail. Mais peut-on parler de travail quand ce que l'on fait
est profondément ancré en soi, quand il y a quasiment une nécessité à cette création et qu'on y prend tant de plaisir.
Voici donc mon 7ème arbre en suspension, 7ème mouture des arbres en suspension.
Celle-ci est violente. J'ai travaillé les couleurs complémentaires. On ne peut guère plus opposer les coloris. Mons modèle d'arbre reste encore et toujours le pin méditerranéen (plutôt du sud de la méditerranée, la forêt provençale originelle étant composée de feuillus, mais les romains sont venus planter des pins qui se sont bien adaptés. Très bien même. Un peu trop sans doute)
Les territoires s'effondrent et la nature s'élève et nous élève bien au dessus de la misérable condition humaine.
Des arbres flamboyants lévitent au dessus d'émanations douteuses, dont on ne saurait dire si elles sont un brouillard très denses ou des effluves toxiques.
Plus haut, le ciel est bleu, dense, pur. On respire. C'est un peu comme nous, sitôt que l'on s'élève au-dessus des troubles dans lesquels se noient l'humanité, comprenez le mot comme désignant à la fois l'ensemble des hommes et la disposition à la compréhension et la compassion, on retrouve notre nature humaine... c'est très rousseauiste ça !
Elevons-nous les amis, élevons-nous loin des miasmes morbides que dégage notre monde en putréfaction.
J'ai voulu travailler la matière autant que la couleur. Cette roche flottante, anthropique, menaçante est un monstre de papier. Littéralement, c'est un assemblage de feuilles de papier de riz japonais froissées, collées, déchirées, arrachées, maltraitées, oui, je suis le bourreau du papier de riz !
Comme j'ai décidé de faire mon job d'artiste avec sérieux, ces considérations deviennent une note d'intention comme les aiment les galeries. C'est la condition nécessaire et incontournable pour passer du statut d'artiste maudit à celui de créateur reconnu... ma compagne me dit, "Mais moi, quand je te croise dans le salon, je te reconnais". Pfffff elle comprends rien de rien
NOTE D'INTENTION :
Les arbres flamboyants surgissent comme des pensées incandescentes, signes d’une énergie capable de renaître malgré l’effondrement des territoires. Le bleu sale du bas du tableau marque la présence trouble d’effluves, mais les arbres semblent déjà s’en extraire vers un air plus limpide à l’image de ces vers de Baudelaire :
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Entre abîme et éther, la matière dessine un monde en tension où la beauté persiste.
Cette œuvre invite à l’étonnement et diffuse une présence apaisante et puissante, porteuse de silence, de mystère et d’élan vital.
(Bon sang de bois, comment on fait à écrire comme ça, ce Baudelaire, je l'admire depuis ma classe de première où je l'ai découvert)
Levitatio N°8. Paysage anthropique.
76 × 80 cm
Technique mixte et collage sur papier.
2026.
Disponible pour les collectionneurs aériens.
Me voilà arrivé au terme de ma prose minable (passer après Baudelaire vous condamne à la minabilité 😔), je vous souhaite donc un bon WE et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.
Comme je n'ai pas de nouveauté vraiment nouvelle à vous proposer cette semaine, je vous propose une série de croquis fait plus ou moins rapidement selon les circonstances ; portraits de réunion, de plage, croquis urbains au grès des promenades ou des sorties dédiées, mais aussi croquis imaginaires.
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Commençons par les portraits. Ici Mlle L... élève de terminale en train de plancher sur l'épreuve dephilo du bac.
Rien n'est plus ennuyeux que ses surveillances où il ne se passe jamais rien. Pas même une tentative de fraude pour animer la journée. Pffff on ne peut décidément pas compter sur les élèves.
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Ce double portrait est celui d'une collègue qui faisait là office d'aide auprès d'élèves "dys" comme on dit dans notre jargon.
C'était au cours de la même journée de surveillance. La lutte contre le réglementaire coup de barre de début d'AM fut épique aussi bien pour elle que pour moi.
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Sur ce fond jaune, la très sympathique, agréable et vive d'esprit Mlle R... très attentive pendant le conseil de classe.
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Cette coupe de cheveux appartient à une élève de terminale. Lors d'une sortie sur une aire marine éducative dont nous (mon lycée) sommes partenaires.
Paysage et un chien qui traînait par là.
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Ces petites maisons sortent tout droit de mon imaginaire. Je les dessine au cours de réunions.
Je dessine seulement. Je fais la mise en couleur à la maison (je peux quand-même pas me mettre à peindre pendant la réunion !)
Je fais ça en regardant la télé. Ou plutôt en ne la regardant pas ! Mais je peux aussi mettre la couleur à la plage comme ci-dessous.
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A la plage, comme :
1, je n'aime pas spécialement me baigner et
2, l'eau est toujours trop froide, je partage mon temps entre lecture et croquis.
Ce baigneur était sur la plage de l'escale Borely. Le triangle jaune devant lui appartient aux fesses de sa compagne. La disposition du lieu faisait que je ne voyais qu'un tissu jaune et pas le cul qu'il cachait ! Du coup j'ai fait en sorte qu'on comprenne de quoi il s'agit (parce que moi je voyais juste un tissus jaune. L'artiste interprète toujours la réalité.
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Au festival du dessin d’Arles j'ai eu tout le loisir de dessiner cette façade d'église. Ma compagne à yant subit un bombardement de déjection aviaire, a du aller s'acheter un nouveau T-shirt chez Caroll, à côté de la dite église, j'ai profité de l'incident pour croqueter la façade.
Quelques instants plus tard, attablés à la terrasse d'un restaurant situé sur la même place, j'ai saisi ce vieux monsieur qui pianotait sur son portable comme un ado !
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Ici, deux paysages de Cassis, ou plutôt le même paysage divisé en deux dessins faits à quelques jours d'intervalle.
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Dessinés depuis la Grande plage de Cassis.
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Si vous allez dans la région d'Aix ne ratez pas une visite au camp de rétention des MILLES.
Croquis fait à midi pendant la pause repas.
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Je me promène toujours avec des carnets de dessin. Le tout petit en permanence et le plus gros quand je pars en sortie croquis ou en promenade pouvant susciter des crises de dessins.
Ici une jolie maison avec Bougainvilliers à Cassis. A deux pas du Bestouan
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Je ne présente pas le portrait de profil que vous voyez sur le petit carnet ouvert. (Celui-ci est en permanence sur moi)
C'est le portrait particulièrement raté d'une collègue particulièrement jolie. Du coup, j'ai sérieusement entamé un vrai portrait que je pourrais bientôt vous présenter.
En attendant, les amis, je vous souhaite un bon dimanche, une bonne fête de la musique et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.
Chères et chers blogueurs, je vous propose aujourd'hui une œuvre conceptuelle qui marquera
certainement l'histoire de l'art... de l'immeuble avec vue mer dans lequel j'habite. Je dis que c'est déjà pas mal.
Je vous donne immédiatement le titre qui est trop long pour tenir dans la cellule :
Portrait d'un homme déconstruit, bien dans son corps mais dans sa tête c'est compliqué. Et de ses conséquences sur les rapports hommes 🚹 femme 🚺.
Au départ, il fallait composer pour SPLASH 2026, le collectif d'artistes obsédés par le corps, l'érotisme et les sexualités dont je suis membre qui organise une expo annuelle fin septembre sur ces questions. Cette année il y a un thème... sexualité et humour. Pas facile !
Dans le cahier des charges, il y a également la parité entre nu féminin et masculin. Je suis le seul à le respecter. Même les femmes peignent ou photographient des femmes. Même si c'est pour des raisons féministes !
Quant à moi, j'ai décidé d'explorer une fois encore la question du genre, de la virilité, de la séduction et des changements que les nouveaux codes émergeants induisent dans les rapports hommes/ femmes et l'approche de la sexualité.
Ce thème n'a rien d'humoristique. Mais c'est par le biais de son traitement que j'espère tirer un sourire à mes spectateurs :
Le dessin met en scène une figure masculine dont le visage, volontairement flou et indéterminé, contraste avec la précision du corps, dessiné d'un trait affirmé qui souligne la puissance de sa musculature. Autour du portrait gravitent des figures grotesques, à peine perceptibles dans la profondeur du fond noir, comme des apparitions surgies de l'inconscient. Cette tension visuelle traduit les questionnements qui traversent aujourd'hui l'identité masculine, partagée entre les héritages d'un ordre ancien et les injonctions d'un monde en mutation. L'œuvre évoque ainsi la difficulté à redéfinir sa place et à construire de nouveaux repères au cœur d'une transformation encore incertaine.
La dame maintenant.
Elle se présente avec assurance, dans une posture droite et pleinement assumée. Dépourvue de toute volonté de dissimulation, elle affirme sa présence et revendique une place égale à celle de son pendant masculin. La cigarette et le verre de vin qu'elle tient en main, traditionnellment associés au pouvoir masculins, deviennent ici les signes d'une appropriation des codes hérités.
Revêtue d'une veste d'homme, elle semble s'être emparée des symboles d'une autorité autrefois réservée au masculin, comme pour en déconstruire les privilèges et redistribuer les rôles.
L'œuvre donne ainsi à voir une féminité consciente de sa force, qui ne se définit plus en opposition mais s'affirme comme un sujet pleinement autonome dans la recomposition des équilibres contemporains.
Les jambes et les pieds des deux figures semblent échapper à toute stabilité. Celles de l'homme se délitent dans un flou organique, comme si leur ossature avait disparu ; celles de la femme s'interrompent dans un dessin inachevé. Cette absence d'ancrage traduit l'état de suspension dans lequel se trouvent les personnages. Privés de repères clairement établis, ils évoluent sur un sol incertain, entre héritages fragilisés et horizons encore indistincts. À travers cette instabilité formelle, l'œuvre évoque la difficulté contemporaine de se définir soi-même et de réinventer les modalités de la rencontre avec l'autre.
Les panneaux de signalisation, suspendus à des fils mobiles, symbolisent les incertitudes qui
accompagnent la redéfinition des relations intimes et sexuelles. Ils évoquent un territoire en recomposition, en chantier, où les anciens codes de la rencontre et du désir sont remis en question sans que de nouveaux repères ne soient encore pleinement stabilisés.
D'un côté, la figure féminine affirme des attentes renouvelées en matière de respect, de réciprocité et d'épanouissement ; de l'autre, la figure masculine cherche à réinventer sa place en intégrant ces nouvelles exigences et en redéfinissant sa manière d'entrer en relation. Entre aspirations, maladresses et ajustements, l'œuvre met en lumière les tensions inhérentes à cette transformation des rapports entre les sexes.
Les mains qui manipulent les fils auxquels sont suspendus les panneaux introduisent une dimension supplémentaire. Présences discrètes mais déterminantes, elles incarnent les injonctions sociales, culturelles et médiatiques qui orientent les comportements et les représentations. Les personnages apparaissent ainsi soumis à des forces qui les dépassent, oscillant entre liberté individuelle et déterminismes collectifs. L'œuvre interroge dès lors la part d'autonomie dont chacun dispose dans la construction de son identité et dans sa manière d'habiter le lien à l'autre.
Si vous êtes habitué au style que j'adopte habituellement, vous pourrez vous sentir décontenancé par celui usité ici. C'est le style galerie. C'est ainsi que sera présenté le dessin en expo et sur la galerie. C'est comme ça qu'on parle dans le monde de l'art. Et il faut bien se plier à ces codes sous peine d'invisibilisation.
Humour ? Finalement il n'y a pas grand chose de drôle dans cette oeuvre.
Fiche technique :
Titre : voyez en haut, trop long à recopier.
65x50cm
Technique mixte sur papier.
Disponible pour les collectionneurs audacieux.
Dans la semaine, je vous demanderais un service virtuel !
Cher(e)s ami(e)s virtuels, je vous souhaite une excellente journée et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.
Voici des vieilleries encore plus vieilles que les vieilleries précédentes. Vu mon âge, ça doit remonter au moins au moyen-âge.
Ça date de l'époque où, emmenant mon fils à son entraînement de basket de l'autre côté de Marseille, je me trouvais quelque peu désœuvré pendant les 2H de la séance jusqu'à ce que je trouve dans la même "Maison de quartier" un atelier dans lequel une jeune femme dispensait des cours sur exactement les mêmes horaires que ceux de mon fils.
Mais, me direz-vous, tu n'assistais pas à la séance de ton fils ? Non, pas dans cette salle là. Non que je me désintéresse de mon fiston ou de ce sport magnifique, j'ai été chronométreur/marqueur officiel et ai fait de fort lointain déplacement, même à l'étranger, pour accompagner mon fiston qui jouait à haut niveau. Mais le basket est un sport très bruyant et l'acoustique de cette salle du lundi soir était particulièrement insupportable. La présence de cet atelier de peinture et de dessin était donc une sorte de bénédiction, une chance incroyable d'échapper à la fabrication de ma future surdité.
C'est le seul atelier que j'ai suivi régulièrement. Le temps d'une saison de basket. A la fin de l'année, la prof est partie sous d'autres cieux et de toute manière nous avons aussi changé de lieu d'entraînement.
C'était une jolie expérience, nous avions à explorer un thème par soirée. Technique libre et la jolie dame avec les cheveux coupés en boule nous donnait quelques indications et trucs pour progresser
Le tout dans la bonne humeur et sans prise de tête.
Je vous propose ici le résultat de plusieurs séances à explorer le portrait. La dame au bonnet de bain est une des muses de Man Ray. Meret Oppenheim qu'elle s'appelle ! Elle était bien plus qu'une modèle. Créatrice, artiste impliquée dans le mouvement surréaliste on l'a connaît hélas plus pour les photos où elle est modèle que pour ses propres créations artistiques. Son œuvre très variée ; peinture, sculpture, poésie, design se distingue par don humour très libre. Libre comme elle l'était. Si je l'avais rencontré, je serais tombé amoureux d'elle. J'en suis sûr !
Je dois dire que c'est après avoir travaillé ces deux portraits que j'ai appris par hasard
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qui elle était vraiment.
J'ai œuvré à la gouache. Technique découverte pour l'occasion, que j'avais apprécié... et que je n'ai plus jamais retouché depuis. Faute de temps. Ou d'envie. A la retraite, je m'y colle. Peut-être.
Afin de ne pas limiter Meret à son rôle de "muse de...", je vous propose aussi son portrait et son œuvre la plus connue "Déjeuner en fourrure" exposé au Moma. J'y suis allé en avril et je l'ai pas vu 😒.
Il est temps de se quitter les amis. Je vous souhaite le bon dimanche et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures !
L'autre jour, c'est à dire sur mon dernier post, j'ai posté une peinture représentant un 3/4 arrière de madame
N.... A cette occasion, Célestine avait qualifié cette belle italienne de beauté callipyge, c'est à dire Kallos pour beauté et pugê pour fesses. Des fesses rondes et harmonieuses, c'est ainsi que les aimaient les grecs (et les romains... et nous aussi) et c'est bien ainsi que cette transalpine est faite.
Comme je le disais en commentaire, il est intéressant de constater que les grecs ont un mot particulier pour désigner les belles fesses, callipyge donc, mais aucun pour désigner les beaux seins. C'est que l'antiquité gréco-romaine voit les seins comme
symbole de maternité plus que de séduction. Ainsi, pour séduire grecques et romaines devaient plus compter sur leurs fesses que sur leurs seins.
Dans l'histoire de l'art, l'antiquité représente des femmes aux seins nus. Mais ils ne sont pas érotisés. Curieusement c'est à partir du Moyen-âge où la morale chrétienne cherche à couvrir (donc à contrôler) le corps des femmes que les seins, devenant mystérieux puisque à cacher absolument, s'affirment comme attribut de séduction et de beauté... et commencent à être érotisés.
La Renaissance puis l'époque moderne jouent à fond sur le décolleté et la mise à nu des seins dans la peinture. Ils s'érotisent de plus en plus. Mais c'est le XX° siècle, qui enfonce le clou et fait définitivement de la poitrine un objet de désir. Hollywood, la photo de nu ; artistique, érotique ou franchement porno, voire publicitaire finissent de ranger les attributs de madame au rang d’icône de la sexualité.
Aujourd'hui les mouvements féministes contestent cette manière de voir, c'est à dire cette sexualisation des seins, ce male gaze (je n'ai jamais compris pourquoi il faut le dire en anglais alors que "regard masculin" fait aussi très bien l'affaire) et certaines militent pour que les femmes puissent vaquer seins nus au même titre que les hommes. Ainsi en va-t-il du mouvement free the nipple, encore en anglais pour "Libérez le téton".
Des actrices porno comme Ovidie font de leur corps et de la pornographie un objet de lutte politique et il existe même du porno féministe qui respecte les femmes et offre une vision différente des corps et de la sexualité.
Pour en revenir aux seins, il faut bien convenir que la sexualisation des seins est quelque chose de tout à fait culturel. Notre occident voit dans la poitrine des dames un objet de sexualité à cacher ou à dévoiler pour susciter le désir ou l'empêcher, alors que nombre de peuples voient les femmes aller le buste nu sans que cela soulève le moindre problème de morale, d'éthique ou de comportement de prédateur chez ces messieurs. Le sein ne change pas, c'est notre regard qui modifie tout.
Il faut donc en conclure que le corps est à la fois culturel et politique.
Puisque toute cette réflexion part de l'irréprochable beauté callipyge de Mme N, toutes les aquarelles que vous voyez là ont pour modèle la même italienne que l'on pourrait aussi qualifier de beauté callimaste. Le mot n'existe pas. C'est un néologisme moderne qui n'est pas au dictionnaire et se calque sur callipyge. Kallos pour beauté comme vu plus haut et mastos pour sein. Donc une beauté qui a des seins ronds et harmonieux. Le mot sera certainement refusé au scrabble mais il fera très bien dans une soirée entre amis, vous passerez ainsi pour un littérateur de haut vol !
Très chers amis blogueurs, camarades virtuels, je vous laisse pour l'heure et retourne à ma grisaille toulousaine où je passe quelques jours studieusement professionnel et des soirées oisivement sensuelles à parles de callipyge et de callimaste.
Et à bientôt pour de nouvelles aventures.
C'est une vieillerie que je vous présente là.
Bon, vous l'aurez compris, en ce moment, je suis un peu débordé par le travail et quand j'ai du temps de libre, je pars marcher (excellent pour la santé et pour la pensée aussi), je lis et je dessine. Bref, j'ai peu de temps pour les blogs et j'avoue que depuis que je vous lis un peu moins, voire beaucoup moins. De plus pour Alain et Célestine, je ne sais pas pourquoi mais je ne peux commenter que sur un PC. Impossible depuis le portable ou la tablette. Je perds donc en agilité bloguesque si vous permettez ce néologisme.
Comme je n'ai rien finit, je n'ai rien de nouveau à proposer. Mais cette Vrille joliment encadrée, peinte à l'acrylique sur papier toilé fera une jolie trace sur le blog.
C'est le seul nu qui trouva grâce aux yeux de ma mère. Elle l'avait chez elle, quoique dans une chambre à l'écart, et je l'ai récupéré quand elle est décédée.
J'ai toujours, disons plutôt depuis longtemps, aimé ecrire sur mes tableaux. A cette époque là je me piquais d'écrire des Haïkus. C'est cette forme là, le Haïku qui épouse cette forme là, le corps de madame N..... italienne superbe et taciturne.
Voici le texte donc :
Le corps se Vrille
Spirale forgeronne
De nos vertiges.
Fiche technique :
Titre : la vrille
60 × 37 cm
Acrylique et pastel gras sur papier toilé. Lrs grandes mèches de cheveux qui tombent sont un collage de
raffia peint en rouge. Tableau encadré.
2004.
Disponible pour les collectionneurs et pour les autres.
Le tableau est signé de mon nom d'état civil. J'ai choisi d'y renoncer vers 2009/20010 lorsqu'un jour, arrivé en cours, des élèves qui avaient fait des recherches sur moi avaient trouvé mon site, imprimé et posé sur tous les bureaux de la classe des reproductions de mes nus et m'avaient accueilli en cours en scandant sans cesse le nom de la modèle qui était précisément la madame N.... que vous voyez ici. (Un des tableaux avait pour titre son seul prénom, voilà comment ils le connaissaient et pouvaient me demander toutes les deux minutes si N.... allait bien et si en vrai elle était aussi bien faite qu'en peinture - réponse : oui mais je ne leur ai pas dit).
Depuis j'ai choisi le monogramme que vous connaissez pour signer mes tableaux. J'ai d'ailleurs envie de passer au tampon.
J'ai masqué mon nom par ce trait rouge disgracieux (au-dessus de la signature) pour préserver un anonymat qui me sied à merveille !
Chers blogueurs, je vous quitte dans la grisaille de ce jour et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures !